N’avouez rien, accusez les autres, mettez-vous à couvert. Les bases du péché structurel.

« Le constat est sans appel. Une partie de la ville de Pierre-Bénite (métropole de Lyon), où se trouve une usine chimique Arkema, est « gravement contaminée par les perfluorés (PFAS) », des polluants toxiques aux effets aussi graves que variés sur la santé. C’est l’analyse, présentée mardi 10 mai, du professeur de chimie néerlandais Jacob de Boer au terme d’une campagne de prélèvements d’air, de sol, de lait maternel, d’eau du Rhône et d’eau potable réalisée par le journaliste Martin Boudot pour l’émission « Vert de rage » sur France 5, en collaboration avec « Envoyé spécial » dans un numéro diffusé jeudi 12 mai sur France 2. Le professeur de l’université libre d’Amsterdam recommande « la fermeture et l’assainissement de certaines zones telles que le stade et un meilleur nettoyage de l’eau potable », ainsi qu’un arrêt des rejets de PFAS. Contactée par les équipes de France Télévisions, l’usine Arkema minimise sa responsabilité. « Certains additifs perfluorés dont il est majoritairement question dans votre e-mail nous semblent concerner d’anciennes activités sur la plateforme, différentes de la production actuelle du site de Pierre-Bénite, et peuvent provenir de multiples autres sources sans rapport avec l’activité industrielle de la plateforme », répond l’entreprise à l’émission. » C’est ainsi que France Télévisions résumait l’affaire Arkéma.

franceinfo

France Télévisions, Publié le 10/05/2022 20:00Mis à jour le 10/05/2022 20:57

Péché structurel. J’aime bien cette expression contenue dans les réflexions d’un de mes anciens professeurs de théologie systématique qui se demandait où avaient bien pu se cacher les nombreux démons chassés par Jésus dans les Évangiles. 

L’adorable et prudent professeur Winston nous susurrait à nous ses étudiants qu’il se pourrait bien que « peut-être, possiblement et sous toutes réserves « ils auraient bien pu se fondre dans les conseils d’administration des multinationales qui dans l’ombre de l’anonymat nous pourrissaient l’existence. »

Je serai bien moins prudent que le bon professeur Winston.

Dans les courants se réclamant de la théologie engagée le péché structurel est un péché intégré aux systèmes qui nous dirigent.

Prenons un exemple : Le commerce international est un système que personne légifère, que personne ne gouverne et qui est né de millions de transactions individuelles. Est-il juste ? Personne ne s’en préoccupe. 

Le sexisme qui sévit un peu partout est systémique. Il a grandi au fil des générations et est encore tenu pour acquis dans les trois quarts des sociétés ou organisations humaines. 

Des milliers d’éleveurs continuent de radoter que leurs animaux emprisonnés et destinés à être égorgés sans avoir une seule fois vu le soleil sont bien traités.

Le mantra de la croissance économique en est l’exemple le plus actuel. La planète brûle mais les ministres de l’économie continuent de parler de croissance…De quoi se tirer des balles.

Les schémas de pensée prennent de l’élan comme un rocher dévalant une pente jusqu’à ce qu’ils s’écrasent sur quelque chose comme le changement climatique ou un mouvement comme Me Too ou Black Lives Matter.

Il y a des milliers de systèmes de type Arkéma qui n’ont pour seul horizon que de sauver leur peau, ne rien avouer, en blâmer d’autres er se mettre à couvert. 

Mon bon professeur Winston, pour l’avoir bien connu, serait bien moins réticent aujourd’hui à qualifier cette attitude de péché structurel. 

Richard Falo

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