La coopération rapporte plus que la concurrence

Photo by Randy Fath on Unsplash

Depuis que mon amour de chien Tarzan est parti au paradis des chiens j’ai deux protégées qui sont des corneilles.

Tous les deux jours elles se présentent à ma porte fenêtre et attendent que je leur donne les croquettes que Tarzan ne pourra plus avaler. 

Alors qu’une d’elles s’aventure sur ma terrasse pour récolter les croquettes, l’autre perchée sur un arbre fait le guet. Si je bouge le petit doigt elle prévient la récolteuse qui s’envole immédiatement. Parfois la récolteuse cache les croquettes sous une feuille puis elles reviennent à deux récupérer leur butin.

A l’évidence mes deux corneilles coopèrent et cela va à l’encontre de la théorie darwinienne sur la lutte pour la survie.

Lorsque Charles Darwin a lancé pour la première fois le concept d’évolution, les Eglises l’ont condamné parce qu’il était contraire à une lecture littéraliste de la création de l’univers selon la bible. D’autres estimèrent au contraire que le darwinisme conférait à l’esprit de compétition une légitimité en affirmant que seuls les plus forts et les plus adaptés méritent de survivre.

C’est une conception bien accommodante pour tout ce que la planète compte de musclés, pirates, autocrates et dictateurs.

Cette conception de la survie du plus fort ne jouit plus de l’aura qu’elle avait au siècle passé. 

On pense aujourd’hui que ce qui donne l’avantage à un individu ce n’est pas ses capacités à terrasser un rival mais sa capacité à collaborer.  

Une meute de loups chasse avec bien plus de réussite que le loup solitaire, les chevaux forment des troupeaux à fins de protection, idem pour les oiseaux qui migrent en groupes, les grands félins qui chassent à plusieurs et les poissons qui forment des bancs. 

Certes, il existe des exemples de prédateurs solitaires qui confirment la règle et servent surtout notre fascination pour le cowboy solitaire… Hollywood en a plus fait pour Darwin que l’éthologie. 

Quand on y réfléchit nos propres corps ne sont qu’une association de cellules hautement spécialisées et coopératives qui ne pourraient survivre par elles-mêmes. L’apôtre le dit bien en comparant l’Église « Corps de Christ » au fonctionnement interdépendant de nos différents membres : « Un membre souffre et tous les autres membres souffrent… » écrit Paul premier des apôtres dans le marbre judéo-chrétien.

Nous humains sommes la preuve vivante du principe d’entraide et de solidarité collective. 

Si les premières cellules vivantes, flottant librement, n’avaient pas trouvé la vie ensemble plus productive que la vie solitaire, elles n’auraient jamais formé des êtres multicellulaires à partir desquels nous pourrions éventuellement évoluer.

En suivant aveuglément le principe darwinien nous avons fait de la compétition le principe absolu et du vainqueur l’objet de notre adoration. 

Du coup nous sommes restés sourds à ce que la nature ne cessait de nous dire : la coopération fonctionne mieux que la concurrence.

Poutine est du mauvais côté de l’histoire. 

Les suprématistes biberonnés au lait du machisme sont du mauvais côté de l’histoire.

Les partis politiques dont l’ADN se résume à l’élimination de l’autre sont du mauvais côté de l’histoire. 

La loi de l’évolution les condamne irrémédiablement et de manière définitive. 

Tout cela mes deux humbles et jolies corneilles l’ont très bien capté.

Richard Falo

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