La terre meurt 

Les feuilles pendantes des plants de tomates que j’ai repiqué cette semaine dans mon potager attestent des températures anormales en ce joli mois de mai. 

Si mes plants de tomates souffrent déjà en mai qu’en sera-t-il en août ? Tout jardinier sent bien qu’à ce rythme l’été sera caniculaire et tout familier du jardin sait bien que la nature ne ment pas. 

La situation dramatique au Pakistan, Afghanistan et en Inde semble indiquer qu’à ce rythme l’apocalypse c’est pour dans pas très longtemps. 

Les experts du GIEC l’avaient annoncé, l’économie axée sur le profit persiste dans la politique de l’autruche. Le pasteur que je suis est attendu comme celui qui va rassurer, redonner espoir et redire que demain ça ira mieux et que tout finira par s’arranger. Je rends mon tablier, je ne crois plus que ça va s’arranger mais qu’au contraire nous allons vers le pire.   

Il est compliqué de rester serein et détaché alors que la catastrophe climatique est à nos portes.  Nombre d’entre nous continuent de piller les ressources de la planète comme les dogmes de la croissance économique nous l’ont appris.  

Notre mode de vie orchestre notre perte à tous, en tant que civilisation et en tant qu’espèce. Nous sommes entrés dans un processus de deuil de cette terre que nous avons tant aimée. 

Dans la Septante, édition en langue grecque du texte hébreu, le mot hébreu tov « bon » est traduit en grec par kalos, qui peut être traduit par « beau ».

En d’autres termes la beauté n’est pas une caractéristique ajoutée au monde tel que nous le percevons. La beauté est constitutive de la planète. 

La destruction de notre planète est une négation de notre rôle d’intendants de tout ce qui est beau et bon de quoi réenclencher notre réflexion sur ce qu’à une autre époque on appelait péché originel. 

Du fait de notre mode de vie nous sommes tous participants de la destruction de la planète et donc au sentiment d’angoisse se joint celui de la co-culpabilité, de quoi assurer nos psys d’une clientèle captive. 

Le constat est douloureux mais c’est aussi une invitation à retrouver ce qu’il y a de beau et bon en nous et chez les autres, en pratiquant quelque chose que j’imagine ressemblant à un accompagnement des mourants. 

Aux appels alarmés du GIEC, à l’annonce des catastrophes climatiques et suivant des crises alimentaires qui sont au coin de la rue nous réagissons comme quand nous est annoncé un mauvais diagnostic :  déni, colère, marchandage, dépression et acceptation. 

Pour ceux qui, comme moi, en sont au stade de l’acceptation et qui pensent que la planète va droit dans le mur de manière certaine se pose la question de la belle fin. 

Il y a, sans aucun doute possible une posture écologique et militante de défense du vivant humain, non-humain et des écosystèmes. 

Une telle prise de conscience responsable éthique et militante est-elle encore opérante et capable de l’emporter après toutes les mises en garde des scientifiques ? J’aimerais bien pouvoir encore y croire…

Le livre de l’Apocalypse insiste sur les attitudes à adopter face au chaos et à la catastrophe annoncée. 

Ces attitudes sont toujours les mêmes, ce sont celles qui nous font vivre au meilleur des possibles quelles que soient les circonstances. 

En tant que croyants, courage, humilité, justice et compassion seront notre force alors qu’avec désarroi nous assistons à la destruction de ce monde que Dieu avait pourtant créé si beau et bon.

Richard Falo

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