Comment l’âne et le boeuf font leur entrée dans la crèche

Les évangélistes Matthieu et Luc nous apprennent que Jésus est né à Bethléem, que des bergers allés à Bethléem trouvèrent Marie et Joseph, et le bébé couché dans la crèche et comment de mystérieux mages offrirent en cadeau de l’or, de l’encens et de la myrrhe à l’enfant Jésus.

Mais ni Luc ni Matthieu ne mentionnent la présence d’animaux lors de la naissance de Jésus.

Alors pourquoi place-t-on toujours un âne et un bœuf autour de la mangeoire dans laquelle dort le nouveau-né ?

L’origine de cette tradition remonte à un écrit secondaire appelé l’Évangile de l’enfance de Matthieu. Ce texte fut le premier à mentionner la présence d’animaux lors de la naissance de Jésus. Il décrit comment la « …très bénie Marie sortit de la grotte et entra dans une étable, plaça l’enfant dans la stalle, et le bœuf et l’âne l’adorèrent ».

Cette description, citée par la suite dans plusieurs textes chrétiens médiévaux, a créé le conte de Noël populaire d’aujourd’hui.

Si on ne connait pas l’auteur de l’Évangile de l’Enfance de Jésus on sait que l’on doit la composition de nos crèches à St. François. 

Une grande partie de ce que les érudits savent de François d’Assises provient de « La vie de saint François », écrite au XIIIe siècle par saint Bonaventure.

Selon Bonaventure, François demanda en 1223 la permission au pape Honoré III de faire quelque chose qui permettrait de mettre en lumière la naissance du Christ. Dans le cadre de ses préparatifs, François installa dans la petite ville de Greccio une crèche avec à l’intérieur un bœuf et un âne. Pour le grand défenseur des animaux il était inconcevable que le règne animal ne soit représenté à la naissance du Sauveur.

Un témoin rapporte que François avait installé une poupée sculptée qui pleurait des larmes de joie ce qui évidemment ne manqua pas de contribuer au succès que l’on sait de la crèche de Noël.

L’histoire de la Nativité a ainsi continué à se développer dans la culture chrétienne bien après la mort de François. 

En 1291, le premier pape franciscain, Nicolas IV ordonna qu’une crèche permanente soit érigée à Santa Maria Maggiore, la plus grande église dédiée à la Vierge Marie à Rome.

C’est ainsi que cette scène représentée par le peintre italien de la Renaissance Giotto di Bondone dans la chapelle Arena de Padoue a inauguré une nouvelle tradition entourant la naissance du Christ.

Dans le tondo, une peinture de l’Adoration des Mages par les peintres du XVe siècle Fra Angelico et Filippo Lippi, on trouve non seulement des moutons, un âne, une vache et un bœuf mais également un paon coloré qui regarde par-dessus la crèche pour apercevoir Jésus.

Il y a fort à parier que le bon St François, défenseur de la cause animale, ne serait pas fâché d’assister à cette prise de conscience que c’est l’écosphère dans son ensemble — animaux compris — et pas seulement l’humain, qui est à préserver de l’autodestruction.  

Richard Falo

One Reply to “Comment l’âne et le boeuf font leur entrée dans la crèche”

  1. Ciao Richard,

    merci pour ce texte, j’ai appris quelque chose! Super.

    je te souhaite de bonnes fêtes et au plaisir de rouler ensemble l’année prochaine

    amitiés

    Tamara

    [1654692800482]

    J’aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :