Naviguons les saisons !

Les jours rallongent, avez-vous remarqué ? Et je me dis que finalement l’hiver, sa grisaille et ses soirées télé sous un plaid ce n’est pas si mal, ce qui pose évidemment la question de l’éternité….

Jésus a beaucoup parlé de cette vie après l’existence terrestre appelée vie éternelle. On peut légitimement se poser quelques questions à son sujet et si dans cette vie-là il y aura des saisons ou pas. 

Le paradis dit-on est un état de bonheur absolu proche de celui que l’on imagine allongé sur une plage de sable fin tropicale. Se lasserait-on d’un tel état s’il devait durer toujours ? Mon intuition me dit que oui et une conversation avec mon copain Rams navigateur échoué au petit port de La-Tour-de-Peilz avait fini par m’en convaincre. 

Rams me racontait que les mouillages dans des criques paradisiaques des Fidji ou de Nouvelle Zélande n’était pas ce que le naïf européen s’imaginait.  D’après lui aussi magnifique que soit l’endroit rien ne valait de refaire le monde entre copains à la buvette du club de voile. Si Rams avait choisi les bords du Léman pour finir ses jours ce n’était pas par accident. 

Je lui avais demandé comment un véritable navigateur épicurien, sauvage et bourru de sa trempe avait pu venir s’enterrer dans un petit port lémanique. 

« Tu vois sous les tropiques il n’y a pas de saisons, tu n’es pas obligé de t’adapter aux conditions difficiles et cela devient monotone à la fin. Tu ne vas pas le croire mais ces apéros en contemplant le soleil couchant tous les soirs au bout d’un moment c’est lassant, tu tournes en rond, avec les saisons tu varies les plaisirs » m’avait-il confié. 

Je repense à lui ces temps alors que je prépare mes plantations entre deux tailles d’hiver. J’ai le sentiment que ces corvées hivernales me feront encore plus apprécier l’apparition des premières pousses de printemps et les longues soirées d’été. Les feux incontrôlables qui cette année ont dévasté l’Australie ont fini de me convaincre des propos de Rams.

 Au fond je me demande ce que vaudrait une existence sans contrastes et sans passage du temps, sans passage d’une saison à l’autre.  Sans le contraste de la nuit et du jour, du chaud et du froid, de la jeunesse et de l’âge avancé me lasserais-je de la vie ?

Ce franchissement d’une saison de la vie à la prochaine qu’on appelle vieillir est certainement le plus difficile à accepter. On peut s’en accommoder à condition de réaliser qu’il faut mettre un pied dans le monde du vieillissement pour trouver en nous la lumière profonde qui seule mérite d’être transmise aux plus jeunes. 

Le solstice d’hiver est une donnée astronomique mais surtout une métaphore pertinente de l’existence et du temps qui passe. Nos existences sont composées de saisons qui chacune a sa beauté et bonheur propre. 

Après avoir survécu à la grisaille, à la dépression hivernale et aux séries télévisées nous accueillons le retour de la lumière comme un promesse qui nous est faite d’une nouvelle année avec sa valse des saisons dans laquelle faute de pouvoir arrêter le temps nous allons essayer nous aussi de naviguer avec bonheur.

Richard Falo, pasteur

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